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Note de synthèse · Texte réglementaire

Règlement (UE) n° 806/2014 établissant le mécanisme de résolution unique (MRU / SRM)

Parlement européen et Conseil de l’Union européenne · 2014 · Texte réglementaire · 90 pages · Intermédiaire

Le règlement (UE) n° 806/2014 vise à établir un mécanisme de résolution unique pour les banques au sein de l'Union européenne afin de renforcer la stabilité financière. Il répond aux préoccupations soulevées par la crise économique, notamment la fragmentation des marchés bancaires et le manque de confiance entre États membres. Ce cadre réglementaire cherche à harmoniser les pratiques de résolution pour garantir une…

Informations générales

Le document est le Règlement (UE) n° 806/2014 du Parlement européen et du Conseil, adopté le 15 juillet 2014. Il établit des règles et une procédure uniformes pour la résolution des établissements de crédit et de certaines entreprises d'investissement dans le cadre d'un mécanisme de résolution unique (MRU) et d'un Fonds de résolution bancaire unique. Ce règlement modifie également le règlement (UE) n° 1093/2010. Le périmètre couvre les établissements de crédit et entreprises d'investissement soumis à la surveillance de la Banque centrale européenne (BCE) dans les États membres participants au mécanisme de surveillance unique (MSU), principalement ceux de la zone euro et des États membres non-euro ayant instauré une coopération rapprochée. Le document comprend environ 90 pages, dont seules les 29 premières pages sont fournies pour cette synthèse.

Résumé exécutif

Le règlement (UE) n° 806/2014 instaure un mécanisme de résolution unique (MRU) pour les établissements de crédit et certaines entreprises d'investissement dans l'Union européenne, en particulier dans les États membres participant au mécanisme de surveillance unique (MSU). Ce mécanisme vise à harmoniser et centraliser la gestion des défaillances bancaires afin de renforcer la stabilité financière, éviter la fragmentation du marché intérieur, et protéger les fonds publics. La crise financière a révélé des divergences importantes entre les réglementations nationales en matière de résolution bancaire, entraînant un manque de confiance, des coûts d'emprunt plus élevés et des distorsions de concurrence. Le MRU, confié au Conseil de résolution unique (CRU), centralise les décisions de résolution, coordonne les plans de résolution de groupe, et gère un Fonds de résolution unique financé par les contributions des banques. Ce dispositif complète le mécanisme de surveillance unique (MSU) en assurant une cohérence entre surveillance et résolution. Le règlement prévoit des instruments de résolution tels que la cession d'activités, l'établissement-relais, le renflouement interne, et la séparation d'actifs, avec des règles strictes pour protéger les déposants garantis et assurer un traitement équitable des créanciers et actionnaires. Le CRU agit en indépendance, avec un contrôle du Conseil et de la Commission européenne, et coopère étroitement avec la BCE, l'Autorité bancaire européenne (ABE) et les autorités nationales. Le MRU s'applique aux établissements sous surveillance du MSU, garantissant une réponse rapide, cohérente et efficace aux crises bancaires, tout en respectant les principes de proportionnalité, de non-discrimination et de protection des droits fondamentaux. Le dispositif vise à briser le lien entre les banques et les États membres, limiter l'usage des fonds publics, et préserver la stabilité du système financier européen dans son ensemble.

Contexte et objectifs

Le règlement a été élaboré dans un contexte marqué par la crise économique et financière qui a mis en lumière les faiblesses du marché intérieur des services bancaires, notamment la fragmentation financière et le manque de confiance dans les systèmes bancaires nationaux. Les divergences entre réglementations nationales en matière de résolution bancaire ont créé des incertitudes, des coûts d'emprunt inéquitables et freiné les activités transfrontalières. Le Conseil européen de 2012 a souligné la nécessité de renforcer l'Union économique et monétaire par une union bancaire complète et transparente. La directive 2014/59/UE a harmonisé les règles minimales de résolution, mais sans centraliser le processus décisionnel, ce qui a conduit à la création du MRU pour assurer une résolution uniforme et efficace des banques sous surveillance du MSU. L'objectif est de restaurer la stabilité financière, protéger les déposants, limiter l'usage des fonds publics, et garantir un fonctionnement équitable et intégré du marché intérieur. Le MRU complète le MSU en centralisant la résolution, avec un Fonds de résolution unique mutualisé pour financer les interventions. Le règlement vise aussi à assurer la coopération entre autorités nationales, européennes et internationales, tout en respectant les compétences budgétaires des États membres.

Synthèse des points essentiels par thèmes

Intégration et fragmentation du marché bancaire :

- La crise financière a révélé une fragmentation du marché intérieur bancaire due à des réglementations nationales divergentes en matière de résolution, provoquant un manque de confiance et des coûts d'emprunt plus élevés selon le lieu d'établissement des banques (p. 1-2).

- Les pratiques nationales divergentes en matière de traitement des créanciers et de sauvetage public créent des conditions inéquitables et freinent la liberté d'établissement et la prestation de services (p. 1-2).

Union bancaire et mécanismes existants :

- Le MSU, établi par le règlement (UE) n° 1024/2013, assure une surveillance prudentielle centralisée des banques dans les États membres participants, mais la résolution reste nationale, ce qui crée un décalage (p. 2-3).

- La directive 2014/59/UE harmonise les règles minimales de résolution mais laisse aux autorités nationales une marge d'appréciation, ce qui peut entraîner des décisions divergentes et un recours différencié aux dispositifs nationaux de financement (p. 3).

Mécanisme de résolution unique (MRU) :

- Le MRU instaure un pouvoir de résolution centralisé confié au Conseil de résolution unique (CRU), garantissant une application uniforme des règles de résolution dans les États membres participants (p. 3-4).

- Le MRU s'applique aux établissements sous surveillance du MSU, assurant la cohérence entre surveillance et résolution (p. 3-5).

- Le CRU prend les décisions de résolution pour les entités importantes, transfrontalières ou sous surveillance directe de la BCE, assisté par les autorités nationales pour les autres établissements (p. 7-8).

Fonds de résolution unique :

- Un Fonds mutualisé, alimenté par les contributions des banques perçues au niveau national puis transférées au Fonds, finance les opérations de résolution, rompant le lien entre les États et les banques (p. 5-6).

- Le Fonds est géré par le CRU, avec des compartiments nationaux fusionnés progressivement au cours d'une période transitoire (p. 5).

Instruments et procédures de résolution :

- Le règlement prévoit plusieurs instruments : cession d'activités, établissement-relais, séparation d'actifs, renflouement interne (p. 12-15).

- Le renflouement interne impose aux actionnaires et créanciers de supporter les pertes avant tout recours aux fonds publics, excluant les dépôts garantis et certaines créances critiques (p. 14-15).

- Les décisions de résolution doivent respecter les principes de proportionnalité, non-discrimination, protection des droits fondamentaux, et garantir un traitement équitable des créanciers (p. 11-13).

Organisation et gouvernance du CRU :

- Le CRU est une agence spécifique de l'Union, composée d'un président, d'un vice-président et de quatre membres, nommés selon une procédure transparente impliquant le Parlement européen et le Conseil (p. 7).

- Il siège en session exécutive et plénière, avec la participation des représentants des autorités nationales concernées selon le cas (p. 7-8).

- Le CRU coopère étroitement avec la BCE, l'ABE, les autorités nationales, et peut inviter des observateurs (p. 8-9).

Coopération et transparence :

- Des protocoles d'accord sont prévus pour assurer la coopération entre le CRU, les autorités nationales des États membres participants et non-participants (p. 9).

- Le CRU répond devant le Parlement européen et le Conseil, et dialogue avec les parlements nationaux pour assurer transparence et contrôle démocratique (p. 9).

- Le règlement prévoit une coopération avec les autorités des pays tiers pour les établissements exerçant une activité internationale (p. 16).

Planification et évaluation de la résolvabilité :

- Le CRU élabore et approuve les plans de résolution de groupe, évalue la résolvabilité des établissements, et peut imposer des modifications structurelles pour éliminer les obstacles à la résolution (p. 9-11).

- La planification tient compte de la taille, complexité, profil de risque, et importance systémique des établissements (p. 10-11).

Critères de déclenchement de la résolution :

- La résolution est engagée lorsque l'entité est en défaillance avérée ou prévisible, sans perspective raisonnable d'intervention privée pour éviter la défaillance (p. 11-12).

- L'octroi d'un soutien financier public exceptionnel est un critère déclencheur, sauf exceptions strictes (p. 11-12).

- La liquidation selon une procédure normale d'insolvabilité doit être envisagée en priorité, sauf si elle menace la stabilité financière (p. 12).

Évaluation et traitement des pertes :

- Toute mesure de résolution doit être précédée d'une évaluation juste, prudente et réaliste de l'actif et du passif de l'entité (p. 12-13).

- Les actionnaires et créanciers ne doivent pas subir de pertes supérieures à celles qu'ils auraient en liquidation normale (p. 12-13).

- Un mécanisme de compensation est prévu si le traitement en résolution est moins favorable qu'en liquidation (p. 13).

Respect des droits fondamentaux :

- Les restrictions aux droits des actionnaires et créanciers doivent respecter l'article 52 de la Charte des droits fondamentaux (p. 11).

- Les mesures doivent être proportionnées, non discriminatoires et justifiées par l'intérêt public (p. 11-12).

Gestion des risques et stabilité financière :

- Le MRU vise à limiter l'aléa moral, protéger les déposants, assurer la continuité des services financiers essentiels, et maintenir la stabilité du système financier (p. 11-12).

- Le CRU doit prendre en compte les alertes du Comité européen du risque systémique (CERS) dans ses décisions (p. 10).

- Le dispositif favorise une résolution rapide, cohérente et efficace pour limiter les perturbations des marchés financiers (p. 11).

Financement et contributions :

- Les établissements doivent respecter une exigence minimale de fonds propres et d'engagements éligibles pour assurer la capacité d'absorption des pertes (p. 15-16).

- Le CRU peut mobiliser des moyens alternatifs de financement en cas de circonstances exceptionnelles (p. 15).

- Les systèmes de garantie des dépôts contribuent au financement en absorbant les pertes nettes après indemnisation des déposants (p. 15).

Contrôle et recours :

- Le CRU agit en indépendance, mais ses décisions sont soumises à un contrôle rapide du Conseil et de la Commission, notamment sur l'existence d'un intérêt public et le montant du Fonds utilisé (p. 6-7).

- Le CRU peut transférer certains droits ou adopter des mesures pour garantir l'efficacité de la résolution en cas de non-respect par les autorités nationales (p. 16).

- La Commission examine les mesures de résolution au regard des règles de concurrence et d'aides d'État (p. 8-9).

Principaux résultats et enseignements

Faits établis :

- La fragmentation du marché bancaire européen due à des divergences nationales en matière de résolution a un impact négatif sur la stabilité financière et la concurrence (p. 1-2).

- Le MSU assure une surveillance centralisée, mais la résolution reste nationale, ce qui crée un décalage et limite l'efficacité (p. 2-3).

- La directive 2014/59/UE harmonise les règles minimales mais ne centralise pas la prise de décision en résolution (p. 3).

- Le MRU, avec le CRU et le Fonds de résolution unique, centralise la résolution pour les établissements sous surveillance du MSU, assurant une application uniforme et une mutualisation des ressources (p. 3-6).

- Les instruments de résolution prévus permettent de traiter efficacement les défaillances tout en protégeant les déposants garantis et en imposant des pertes aux actionnaires et créanciers (p. 12-15).

Hypothèses :

- L'application du MRU aux établissements sous surveillance du MSU améliorera la stabilité financière et la confiance dans le secteur bancaire (p. 3-5).

- La mutualisation progressive des contributions nationales au Fonds renforcera la résilience du système bancaire européen (p. 5).

- La coopération étroite entre CRU, BCE, ABE et autorités nationales favorisera une résolution rapide et cohérente (p. 8-9).

Interprétations de l'auteur :

- La centralisation des décisions de résolution est essentielle pour éviter des décisions divergentes qui pourraient accroître les coûts et la fragmentation (p. 3-4).

- Le MRU complète le MSU en assurant une cohérence entre surveillance et résolution, condition nécessaire à la stabilité du marché intérieur (p. 3-5).

- Le recours aux instruments de renflouement interne limite le recours aux fonds publics et incite à une meilleure surveillance des risques par les investisseurs (p. 13-15).

Incertitudes :

- La période transitoire de mutualisation du Fonds et la fusion progressive des compartiments nationaux peuvent poser des défis opérationnels (p. 5).

- L'efficacité de la coopération entre les autorités nationales, européennes et des pays tiers dépendra de la mise en œuvre concrète des protocoles d'accord (p. 9, 16).

- L'impact des mesures de résolution sur les marchés financiers et l'économie réelle nécessite une gestion prudente pour éviter les effets de contagion (p. 10-11).

Conclusions et recommandations de l'auteur

Le règlement établit un cadre juridique solide pour la résolution centralisée des établissements de crédit dans les États membres participants au MSU, via le MRU et le CRU. Il vise à renforcer la stabilité financière, garantir des conditions de concurrence équitables, et protéger les déposants tout en limitant le recours aux fonds publics. La création d'un Fonds de résolution unique mutualisé est essentielle pour rompre le lien entre les banques et les États membres. Le CRU, doté d'une structure spécifique et d'une gouvernance transparente, assure une prise de décision rapide, indépendante et cohérente, en coopération étroite avec la BCE, l'ABE, les autorités nationales et les institutions européennes. Le règlement recommande une application rigoureuse des instruments de résolution, notamment le renflouement interne, et une planification proactive pour éliminer les obstacles à la résolvabilité. Il souligne l'importance d'une coopération renforcée, y compris avec les pays tiers, et d'un dialogue transparent avec les parlements nationaux pour assurer un contrôle démocratique. Enfin, le règlement prévoit un contrôle effectif des décisions par le Conseil et la Commission, garantissant un équilibre entre indépendance opérationnelle et responsabilité politique. La mise en œuvre progressive de ce cadre devrait contribuer à une union bancaire pleinement opérationnelle, plus stable et intégrée.

Points clés à retenir

Références

Année
2014
Type
Texte réglementaire
Niveau
Intermédiaire
Licence
Réutilisation autorisée (UE)
Document d’origine
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32014R0806
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