Le rapport met en lumière les risques géopolitiques qui affectent le système financier de l'UE, notamment les incertitudes liées à la guerre en Iran et leurs impacts sur les prix de l'énergie et l'inflation. Il souligne également les vulnérabilités accrues dues à l'interconnexion des marchés et aux investissements non-EEA, qui peuvent entraîner des chocs rapides sur les institutions financières européennes. Enfin…
Ce document est un rapport intitulé « Joint Committee Update on risks and vulnerabilities in the EU financial system - Spring 2026 », publié par l'Autorité Bancaire Européenne (EBA) en mars 2026. Il s'agit d'une mise à jour semestrielle réalisée par le Comité conjoint des autorités européennes de surveillance (EBA, EIOPA, ESMA) en collaboration avec le Conseil européen du risque systémique (ESRB). Le rapport couvre les risques et vulnérabilités transversaux dans le système financier de l'Union européenne, avec un focus sur les risques géopolitiques actuels et le développement de la finance privée. Le périmètre inclut les secteurs bancaire, assurance, fonds d'investissement et pensions, sur la période récente jusqu'au premier trimestre 2026.
Le rapport analyse les risques et vulnérabilités majeurs affectant le système financier de l'UE au printemps 2026, en insistant sur deux thématiques clés : les risques géopolitiques et la croissance de la finance privée. Les risques géopolitiques, notamment la guerre en Iran, maintiennent une forte incertitude, provoquant des hausses des prix de l'énergie, une inflation anticipée et un ralentissement économique. Ces tensions génèrent des risques de liquidité, de qualité d'actifs, ainsi que des menaces cybernétiques et d'infrastructures. La forte interconnexion des marchés financiers européens avec les pays tiers, notamment via les investissements non-EEE, accroît la vulnérabilité aux chocs externes. Par ailleurs, la finance privée (fonds de private equity et private credit) connaît une croissance rapide dans l'UE, bien que plus modérée qu'aux États-Unis, avec des liens étroits entre ces fonds et les banques européennes. Cette expansion soulève des risques liés à l'illiquidité, à la complexité, au manque de transparence et à l'absence de test en cycle complet, comme l'illustrent les récentes tensions sur des fonds américains semi-liquides. Malgré une résilience globale des secteurs bancaires, assurances et fonds, les pressions sur la rentabilité, la qualité des actifs et la gestion des expositions souveraines restent préoccupantes. Le rapport conclut en recommandant aux institutions financières et autorités de renforcer la gestion des risques géopolitiques, de surveiller étroitement les expositions à la finance privée et de se préparer à des scénarios de stress incluant des cyberattaques et des perturbations technologiques.
Ce rapport a été élaboré dans le cadre du Comité conjoint des autorités européennes de surveillance (ESAs) afin de fournir une évaluation transversale des risques et vulnérabilités du système financier européen. L'objectif est d'informer le Comité économique et financier - Table de stabilité financière (EFC-FST) sur les évolutions récentes, en particulier les risques géopolitiques exacerbés par la guerre en Iran et les tensions internationales, ainsi que sur les dynamiques de la finance privée, secteur en forte expansion. Le document vise à identifier les menaces potentielles pour la stabilité financière, à analyser les expositions des différents secteurs et à formuler des recommandations pour la gestion et la supervision des risques. Le périmètre couvre les secteurs bancaire, assurance, fonds d'investissement et pensions, avec une attention particulière portée aux interactions transfrontalières et aux risques émergents. Les limites concernent notamment la difficulté d'évaluer précisément certains risques liés à la finance privée, peu transparente, et les incertitudes géopolitiques en évolution rapide.
Risques géopolitiques : La guerre en Iran est le principal facteur d'incertitude, provoquant des hausses des prix de l'énergie, une inflation anticipée et un ralentissement économique. Ces tensions génèrent des risques de liquidité, de qualité d'actifs, ainsi que des menaces cybernétiques et d'infrastructures critiques. Les banques et assureurs européens sont exposés via leurs investissements non-EEE (environ 13 % pour les assureurs) et leurs liens avec des contreparties étrangères, notamment aux États-Unis. La volatilité des devises, notamment de l'euro face au dollar et aux monnaies émergentes, accroît les risques de change et de financement. L'interconnexion des marchés financiers européens avec les marchés tiers amplifie la transmission des chocs. La divergence réglementaire, notamment avec les États-Unis, pourrait accentuer les vulnérabilités. (pp. 4-6, 12-14)
Croissance de la finance privée : Les fonds de private equity et private credit ont connu une croissance annuelle moyenne de 14 % et 18 % respectivement depuis 2010, atteignant 0,8 et 0,1 trillion d'euros en 2025. Ces fonds sont fortement interconnectés entre eux et avec les banques, via des financements directs, sponsoring de véhicules, dérivés et fonctions de conseil. Cette expansion s'accompagne de risques liés à l'illiquidité, à la complexité contractuelle, au manque de transparence et à l'absence d'un test complet en cycle économique. Des tensions récentes sur des fonds américains semi-liquides ont révélé des vulnérabilités, notamment des demandes de rachats massives liées à des impacts sectoriels (ex. IA sur logiciels). Les assureurs et fonds de pension européens ont des expositions limitées mais en hausse vers ces actifs. (pp. 6, 15-16)
Évolution des secteurs financiers européens : Les banques affichent une rentabilité élevée (RoE 10,7 % Q3 2025) et des ratios de capital solides (CET1 16,3 %), avec une qualité d'actifs stable mais des poches de risques dans les prêts aux PME et immobilier commercial. Les assureurs et fonds de pension montrent une résilience avec des ratios de solvabilité solides et une amélioration des fonds propres, bien que l'exposition croissante aux actifs alternatifs et aux marchés non-EEE augmente la vulnérabilité. Les marchés actions européens ont atteint des niveaux records avant la guerre en Iran, suivis de corrections. Les marchés obligataires voient une hausse des rendements souverains et une compression des spreads. Les fonds d'investissement restent globalement résilients malgré la volatilité. (pp. 9-11)
Faits établis : La guerre en Iran et d'autres tensions géopolitiques maintiennent une incertitude élevée, impactant les prix de l'énergie, la volatilité des marchés et la qualité des actifs financiers. Les banques européennes disposent de solides ratios de capital et de liquidité, mais doivent surveiller des poches de risques dans certains prêts. Les assureurs et fonds de pension sont globalement résilients mais exposés à des risques croissants liés aux actifs alternatifs et aux marchés non-EEE. La finance privée a connu une croissance rapide, avec des expositions significatives des banques et une tendance à l'augmentation des expositions des assureurs et IORP. (pp. 4-6, 9-11, 15-16)
Hypothèses : Les tensions géopolitiques pourraient entraîner des corrections boursières, des hausses de spreads et des risques de liquidité accrus. La finance privée, non testée en cycle complet, pourrait révéler des vulnérabilités en cas de stress prolongé. La divergence réglementaire pourrait accroître les risques systémiques. (pp. 12-14, 16)
Interprétations : L'interconnexion des marchés européens avec les pays tiers amplifie la transmission des chocs géopolitiques. La croissance de la finance privée, bien qu'offrant des bénéfices de diversification et de financement, introduit de nouveaux risques complexes et peu transparents. (pp. 5-6, 15-16)
Incertitudes : L'évolution des conflits géopolitiques, la réaction des marchés financiers, l'impact des ajustements réglementaires (Solvency II 2027) sur les portefeuilles d'assurance, et la capacité des institutions à gérer les risques cyber et technologiques restent incertains. (pp. 13, 17)
Le rapport recommande aux autorités et institutions financières de se préparer activement aux risques géopolitiques par des analyses de scénarios approfondies, intégrant impacts sur les expositions, capital, liquidité, modèles d'affaires et résilience opérationnelle. Il souligne la nécessité d'une gestion prudente des expositions souveraines face à la hausse des dettes publiques. Les institutions doivent formaliser l'intégration des risques géopolitiques dans leurs cadres de gestion, incluant la gouvernance, la diligence raisonnable et la planification opérationnelle pour des scénarios extrêmes, notamment des interruptions d'infrastructures critiques. Concernant la finance privée, les investisseurs sont invités à renforcer leur diligence compte tenu du manque de transparence et des risques de valorisation. Les banques et superviseurs doivent améliorer la compréhension, la surveillance et la gestion des expositions aux entités non bancaires et à la finance privée, en particulier vis-à-vis des contreparties de pays tiers. Les superviseurs d'assurance doivent suivre attentivement les changements de profils de risque induits par la révision Solvency II 2027, qui pourrait entraîner des réallocations d'actifs significatives. (pp. 7, 17)
Note de synthèse rédigée à partir du document intégral par l’Académie DataSAI. Cette note vient de la bibliothèque scientifique de l’Académie DataSAI, en accès libre.