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Note de synthèse · Rapport

Joint Committee Report on risks and vulnerabilities in the EU financial system - Autumn 2025

European Banking Authority (EBA) · 2025 · Rapport · 17 pages · Intermédiaire

Le rapport examine les risques et vulnérabilités du système financier de l'UE dans un contexte de tensions géopolitiques et de changements structurels. Les prévisions de croissance ont été révisées à la baisse en raison de l'incertitude liée aux politiques commerciales, notamment celles des États-Unis. Le rapport recommande aux institutions financières d'intégrer ces considérations de risque dans leurs opérations…

Informations générales

Ce rapport conjoint d'automne 2025, publié par l'Autorité Bancaire Européenne (EBA), analyse les risques et vulnérabilités dans le système financier de l'Union européenne. Il couvre les thèmes des risques géopolitiques, des politiques commerciales mondiales, des impacts sectoriels, des cyber-risques et des évolutions des dépenses, notamment en défense. Le périmètre inclut les secteurs bancaires, assurances, fonds d'investissement et pensions, avec une analyse des données jusqu'à mi-2025, et s'appuie sur des données et projections économiques internationales et européennes (p. 1-17).

Résumé exécutif

Le rapport traite des risques croissants dans le système financier européen liés aux évolutions géopolitiques et aux changements rapides des politiques commerciales mondiales, notamment les tarifs douaniers américains massifs et soudains. Ces mesures ont accru l'incertitude, provoqué des corrections de marché et pesé sur les perspectives de croissance, avec des révisions à la baisse des prévisions du FMI et de la Commission européenne pour 2025-2026. Malgré cette volatilité, le secteur bancaire européen a montré une résilience notable, avec une rentabilité stable (RoE 10,5 % fin 2024) et des ratios de fonds propres élevés (CET1 à 16 %). Cependant, une dégradation modérée de la qualité des actifs est observée, notamment dans l'immobilier commercial. Les marchés obligataires et actions ont connu des tensions, avec une forte volatilité liée aux annonces tarifaires et aux conflits géopolitiques, notamment au Moyen-Orient et en Ukraine. Le rapport souligne aussi la dépendance critique de l'UE à des infrastructures et prestataires non-européens, principalement américains, ce qui accroît la vulnérabilité face aux risques externes. Les cyber-risques s'intensifient, avec une augmentation des attaques sophistiquées, nécessitant une mise en œuvre rigoureuse du cadre DORA. Le secteur des crypto-actifs, bien que limité en contagion, doit être surveillé en raison de ses liens croissants avec la finance traditionnelle. L'augmentation des dépenses de défense en Europe, notamment l'initiative "Readiness 2030" et la hausse des emprunts allemands, a stimulé les marchés des actions de défense mais pose des défis en termes de gestion des risques d'intérêt et de liquidité pour les assureurs. Le rapport recommande aux institutions financières et autorités de renforcer la gestion des risques géopolitiques, d'adopter des scénarios de stress adaptés, de surveiller les cyber-risques, et d'assurer la stabilité des infrastructures de marché, tout en poursuivant les efforts vers une plus grande autonomie européenne et une supervision robuste des évolutions structurelles du secteur financier (p. 2-3, 16-17).

Contexte et objectifs

Ce rapport a été élaboré pour évaluer les risques et vulnérabilités du système financier européen dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques accrues, notamment la guerre en Ukraine et les conflits au Moyen-Orient, ainsi que par des changements rapides dans les politiques commerciales mondiales, notamment les tarifs douaniers américains. L'objectif est d'identifier les impacts sur les différents secteurs financiers (banques, assurances, fonds, pensions), d'analyser les conséquences des évolutions géopolitiques et économiques sur la stabilité financière, et de formuler des recommandations pour renforcer la résilience du système. Le périmètre couvre les données jusqu'à mi-2025, avec une attention particulière portée aux effets des tarifs américains, à l'augmentation des dépenses de défense en Europe, aux cyber-risques et aux dépendances aux infrastructures non-européennes. Le rapport vise à informer les autorités de supervision, les institutions financières et les acteurs du marché (p. 1-3).

Synthèse par thèmes

Risques géopolitiques et économiques : Les tensions géopolitiques, incluant la guerre en Ukraine et les conflits au Moyen-Orient, ainsi que les mesures tarifaires américaines, ont généré une forte volatilité des marchés financiers, une révision à la baisse des prévisions de croissance mondiale (2,8 % en 2025 selon le FMI) et un resserrement des conditions de crédit, notamment sur les obligations à haut rendement (p. 2-3, 7-9).

Résilience du secteur bancaire : Malgré un contexte difficile, les banques européennes ont maintenu une rentabilité élevée (RoE 10,5 % fin 2024) et des ratios de fonds propres solides (CET1 à 16 %). La qualité des actifs se dégrade légèrement, avec une hausse modérée des prêts non performants, surtout dans l'immobilier commercial. Les prêts aux ménages et entreprises ont augmenté, mais les standards de crédit restent stricts, notamment pour les entreprises (p. 3-4).

Secteur des assurances et pensions : Le secteur des assurances a montré une bonne résilience, avec une amélioration de la rentabilité portée par les revenus d'investissement. Les stress tests 2024 confirment la solidité du capital face à des scénarios géopolitiques sévères. Le secteur des pensions (IORP) reste stable mais fait face à des défis opérationnels liés à la transition des régimes à prestations définies vers les régimes à cotisations définies, ce qui modifie les stratégies d'investissement et les risques associés (p. 4-5).

Fonds d'investissement : Les fonds ont subi une forte volatilité en 2025, notamment les fonds alternatifs et de matières premières. Les flux nets sont globalement modérés, avec des sorties sur les fonds actions et obligations au second trimestre. Les opérations de désengagement liées à la volatilité d'avril ont été globalement ordonnées, limitant les risques systémiques (p. 5-6).

Dépendances aux infrastructures non-européennes : L'UE dépend fortement des infrastructures de marché et prestataires IT basés aux États-Unis, notamment dans le clearing des dérivés (98 % des produits en euros sont compensés par deux CCP américains), les agences de notation (73 % des titres européens notés par des agences américaines) et les fournisseurs cloud (63 % du marché détenu par trois firmes américaines). Cette dépendance accroît la vulnérabilité du système financier européen face aux chocs externes et souligne la nécessité d'une autonomie accrue (p. 6-7).

Impact des tarifs américains : Les annonces tarifaires US ont provoqué des baisses marquées des marchés actions (-20 % dans certains secteurs), une forte volatilité des marchés obligataires et une dépréciation du dollar. Les secteurs manufacturiers, pharmaceutiques, automobiles et métallurgiques sont les plus exposés. Les banques européennes sont indirectement affectées via leurs prêts aux entreprises exportatrices, avec un risque accru de dégradation d'actifs et de baisse de la demande de crédit. Les assureurs subissent des impacts indirects via leurs investissements et la volatilité des marchés, ainsi que des risques accrus sur les assurances liées au commerce et aux sinistres inflationnistes (p. 7-12).

Cyber-risques et digitalisation : Les cyberattaques, notamment DDoS et ransomware, augmentent en fréquence et sophistication, amplifiées par les tensions géopolitiques. Le secteur financier est une cible privilégiée, avec des risques opérationnels majeurs. La mise en œuvre du Digital Operational Resilience Act (DORA) depuis janvier 2025 est cruciale pour renforcer la résilience. L'intelligence artificielle modifie le paysage des cyber-risques, à la fois comme vecteur d'attaque et outil de défense. Les crypto-actifs, malgré une baisse de capitalisation en 2025, présentent des risques croissants liés à leur intégration avec la finance traditionnelle (p. 13-14).

Augmentation des dépenses de défense : L'initiative "Readiness 2030" prévoit 800 milliards d'euros de dépenses en défense, avec un impact notable sur les marchés financiers. Les actions des entreprises de défense ont progressé de 30 % début 2025, tandis que les rendements obligataires européens ont connu une forte volatilité liée aux emprunts publics. Les assureurs font face à des risques liés aux variations des taux d'intérêt et aux appels de marge sur dérivés. La hausse des dépenses nécessite un espace budgétaire suffisant pour éviter des tensions fiscales et un renchérissement du risque souverain (p. 15-16).

Principaux résultats et enseignements

- Faits établis :

- Le secteur bancaire européen a maintenu une rentabilité élevée (RoE 10,5 %) et des fonds propres solides (CET1 16 %) fin 2024, malgré une légère dégradation de la qualité des actifs (NPL 1,9 %) (p. 3).

- Les marchés financiers ont connu une forte volatilité liée aux annonces tarifaires US et aux conflits géopolitiques, avec des baisses sectorielles marquées (jusqu'à -20 %) (p. 7-9).

- L'UE dépend fortement des infrastructures de marché et prestataires IT non-européens, notamment américains, ce qui accroît la vulnérabilité externe (p. 6-7).

- Les cyberattaques augmentent en fréquence et sophistication, avec un impact croissant sur la stabilité financière (p. 13-14).

- Hypothèses :

- Le scénario adverse du stress test EBA 2025 intègre une aggravation hypothétique des tensions géopolitiques avec impacts négatifs durables sur la consommation et l'investissement (p. 11).

- L'impact économique des tarifs US est estimé à une réduction du PIB de la zone euro de 0,3 à 0,5 points en cas de rétorsion (p. 9).

- Interprétations :

- La résilience actuelle du système financier européen est solide mais pourrait être mise à l'épreuve en cas d'escalade des tensions ou de nouvelles mesures tarifaires.

- La dépendance aux infrastructures non-européennes constitue un risque stratégique nécessitant une réponse politique.

- Les cyber-risques et la digitalisation sont des vecteurs majeurs d'opérationnels et systémiques, nécessitant une vigilance accrue.

- Incertitudes :

- L'évolution des conflits géopolitiques (Ukraine, Moyen-Orient) reste imprévisible et peut provoquer des chocs soudains.

- Les décisions futures des États-Unis en matière de tarifs douaniers sont incertaines et peuvent modifier substantiellement les perspectives économiques.

- L'impact à moyen terme des dépenses accrues en défense sur la stabilité financière dépendra de la gestion budgétaire et des marchés (p. 2-3, 7-17).

Conclusions et recommandations

Le rapport conclut que le système financier européen fait face à des risques importants liés aux incertitudes géopolitiques et aux changements rapides des politiques commerciales mondiales. Malgré la résilience démontrée, notamment dans le secteur bancaire et assurantiel, les vulnérabilités existent, notamment via les expositions aux secteurs sensibles aux tarifs américains et la dépendance aux infrastructures non-européennes. Les cyber-risques constituent une menace croissante qui doit être gérée de manière proactive. L'augmentation des dépenses de défense en Europe influence les marchés financiers et pose des défis de gestion des risques d'intérêt et de liquidité. Le rapport recommande :

- D'intégrer systématiquement les risques géopolitiques dans les processus quotidiens de gestion des risques des institutions financières.

- De renforcer les capacités de gestion des risques, notamment via des stress tests et analyses de scénarios adaptés aux chocs géopolitiques et commerciaux.

- De surveiller étroitement les risques cyber et de mettre en œuvre rapidement le cadre DORA.

- De suivre l'évolution des marchés des crypto-actifs et leurs interconnexions avec la finance traditionnelle.

- De promouvoir une plus grande autonomie européenne dans les infrastructures financières et les services critiques.

- De maintenir des buffers de capital solides pour absorber les chocs et soutenir la confiance et le financement de l'économie réelle.

Ces mesures sont essentielles pour assurer la stabilité et la robustesse du système financier européen dans un contexte mondial incertain (p. 2, 16-17).

Points clés à retenir

Références

Année
2025
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Rapport
Niveau
Intermédiaire
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Attribution requise
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