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Note de synthèse · Rapport

EBA and ECB Report on Payment Fraud

European Banking Authority (EBA) · 2025 · Rapport · 49 pages · Intermédiaire

Ce rapport, élaboré par l'EBA et la BCE, évalue les données de paiement récentes concernant les transactions et la fraude dans l'Espace économique européen. Il analyse les types de fraudes, l'impact de l'authentification forte des clients (SCA) et fournit des perspectives géographiques sur la fraude. Les données couvrent plusieurs périodes de référence et incluent des transactions par carte, virements, prélèvements…

Informations générales

Ce rapport conjoint de l'Autorité Bancaire Européenne (EBA) et de la Banque Centrale Européenne (ECB) publié en décembre 2025 analyse les fraudes aux paiements dans l'Espace économique européen (EEE) sur la période de six semestres allant du premier semestre 2022 au second semestre 2024. Il couvre les principaux instruments de paiement : virements, prélèvements, paiements par carte (du point de vue de l'émetteur), retraits d'espèces et transactions en monnaie électronique. Le rapport s'appuie sur les données semi-annuelles collectées conformément à l'article 96(6) de la Directive UE 2015/2366 (PSD2) et au Règlement (UE) n°1409/2013 de la BCE sur les statistiques de paiement. Il exclut certaines données spécifiques (Liechtenstein, Pays-Bas pour prélèvements, Bulgarie pour certains semestres). Le périmètre couvre tous les pays de l'UE/EEE ayant fourni une série complète de données.

Résumé exécutif

Ce rapport évalue les niveaux et caractéristiques de la fraude aux paiements dans l'UE/EEE, qui s'est élevée à 4,2 milliards d'euros en 2024, soit une hausse de 17% par rapport à 2023 (p. 10). Les fraudes les plus importantes en valeur concernent les virements (2,5 milliards d'euros, taux de fraude 0,001%) et les paiements par carte (1,3 milliard d'euros, taux 0,033%) (p. 6-7, 10). En volume, la majorité des fraudes concerne les paiements par carte (17 millions de transactions frauduleuses sur 111 milliards) (p. 12). La fraude est majoritairement liée aux transactions à distance pour les virements, cartes et monnaie électronique, alors que la majorité des paiements par carte sont non distants (p. 17-19). La manipulation du payeur est la principale méthode de fraude pour les virements (jusqu'à 74% en valeur en 2024), tandis que pour les cartes, la fraude par vol de données ou carte volée domine (p. 19-22). L'authentification forte du client (SCA) est appliquée à la majorité des paiements électroniques en valeur (77% pour les virements, 64% pour les cartes, 70% pour la monnaie électronique en 2024) (p. 23-25). Les transactions authentifiées par SCA présentent des taux de fraude plus faibles, notamment pour les cartes, alors que les transactions hors EEE, où la SCA peut ne pas s'appliquer, ont des taux de fraude jusqu'à 17 fois supérieurs (p. 26-27). Les pertes financières dues à la fraude s'élèvent à 3,8 milliards d'euros en 2024, dont 65% supportés par les utilisateurs (PSU), particulièrement pour les virements (85% des pertes) (p. 34-36). La répartition des pertes varie fortement selon les pays et les instruments (p. 36-40). La fraude est nettement plus élevée pour les paiements transfrontaliers, notamment hors EEE, avec des taux de fraude jusqu'à 7 fois supérieurs pour les cartes (p. 41-43). Le rapport souligne l'impact positif de la SCA et des normes EMV sur la réduction de la fraude, tout en appelant à une vigilance continue des acteurs du secteur et des régulateurs.

Contexte et objectifs

Le rapport a été élaboré par l'EBA et la BCE dans le cadre de leurs missions respectives de régulation et de surveillance des systèmes de paiement en Europe. Il s'appuie sur les obligations de reporting des prestataires de services de paiement (PSP) prévues par la Directive PSD2 et le Règlement BCE sur les statistiques de paiement. L'objectif est de fournir une analyse factuelle et détaillée des niveaux, types et impacts de la fraude aux paiements dans l'UE/EEE, en tenant compte des évolutions réglementaires telles que l'introduction de l'authentification forte du client (SCA). Le rapport couvre les données semi-annuelles de 2022 à 2024, avec une couverture complète des pays à partir de 2022. Il reconnaît des limites liées à la qualité et à la complétude des données, ainsi qu'à la nécessité de prudence dans l'interprétation des tendances à court terme. Le rapport vise à informer les régulateurs, les PSP et les utilisateurs sur les risques de fraude et l'efficacité des mesures de sécurité mises en place.

Synthèse des points essentiels par thèmes

Niveaux de fraude : La fraude aux paiements a atteint 4,2 milliards d'euros en 2024, en hausse de 17% sur un an. Les virements et paiements par carte concentrent la majorité des montants frauduleux. Le taux annuel de fraude global reste faible (~0,002%), mais plus élevé pour les cartes (0,033%) et la monnaie électronique (0,018%) que pour les virements (0,001%) ou prélèvements (0,0004%) (p. 10-12).

Types de fraude : La fraude par manipulation du payeur domine pour les virements (jusqu'à 74% en valeur), souvent via phishing ou usurpation d'identité. Pour les cartes, la majorité des fraudes à distance provient du vol de données de carte (56% en valeur), tandis que la fraude non distante est surtout liée aux cartes perdues ou volées (42% en valeur) (p. 19-22).

Transactions à distance vs non-distantes : Les virements et monnaie électronique sont majoritairement initiés à distance, y compris les fraudes. Les paiements par carte sont majoritairement non distants, mais la fraude est surtout liée aux transactions à distance, avec un taux de fraude 13 à 22 fois plus élevé que pour les paiements non distants (p. 17-19).

Authentification forte du client (SCA) : La SCA est appliquée à 77% des virements en valeur, mais seulement 64% des paiements par carte et 70% des transactions en monnaie électronique, impactée par les exemptions comme les paiements sans contact. Les fraudes sont significativement moins fréquentes sur les transactions SCA, surtout pour les cartes. Les transactions hors EEE, où la SCA est souvent absente, présentent des taux de fraude jusqu'à 17 fois plus élevés (p. 23-27).

Exemptions à la SCA : Les exemptions principales sont les paiements sans contact, les bénéficiaires de confiance, les transactions récurrentes, et les transactions à faible risque identifiées par analyse de risque (TRA). Certaines exemptions, comme les bénéficiaires de confiance, présentent des taux de fraude plus élevés, suggérant que les fraudeurs ciblent ces cas (p. 28-33).

Pertes financières : En 2024, les pertes dues à la fraude s'élèvent à 3,8 milliards d'euros, avec 65% supportés par les utilisateurs (PSU), notamment 85% pour les virements. La répartition des pertes varie fortement selon les pays et les instruments, reflétant des différences dans les régimes de responsabilité et les mécanismes de recours (p. 34-40).

Dimension géographique : La majorité des transactions sont domestiques, mais la fraude est nettement plus élevée sur les paiements transfrontaliers, notamment hors EEE. En 2024, la fraude sur les paiements par carte transfrontaliers hors EEE est 17 fois plus élevée que sur les transactions domestiques (p. 41-43).

Principaux résultats et enseignements

Faits établis :

- La fraude aux paiements dans l'UE/EEE a augmenté de 17% en valeur en 2024, atteignant 4,2 milliards d'euros (p. 10).

- Les virements et paiements par carte représentent la majeure partie des fraudes en valeur (respectivement 2,5 et 1,3 milliards d'euros) (p. 10).

- La majorité des fraudes sur virements et monnaie électronique sont initiées à distance, tandis que la fraude par carte est majoritairement liée aux transactions à distance, bien que la plupart des paiements par carte soient non distants (p. 17-19).

- L'authentification forte du client (SCA) est largement déployée, avec des taux de fraude plus faibles sur les transactions SCA, particulièrement pour les cartes (p. 23-27).

- Les pertes financières sont majoritairement supportées par les utilisateurs, surtout pour les virements (85%) (p. 34-36).

- La fraude est nettement plus élevée sur les paiements transfrontaliers, notamment hors EEE (jusqu'à 17 fois plus pour les cartes) (p. 41-43).

Hypothèses et interprétations :

- Les taux plus élevés de fraude sur les transactions SCA pour les virements reflètent le ciblage des transactions à plus haut risque ou valeur par les fraudeurs (p. 26).

- La forte part de manipulation du payeur dans les fraudes aux virements indique une utilisation accrue de techniques d'ingénierie sociale (p. 19).

- La variation importante de la répartition des pertes entre pays suggère des différences dans les régimes de responsabilité, la sensibilisation des consommateurs et les pratiques de reporting (p. 36).

Incertitudes :

- Certaines données sont incomplètes ou sujettes à révisions, notamment pour certains pays et instruments (p. 9).

- L'impact futur de la réglementation sur les paiements instantanés et la mise en œuvre de mesures complémentaires comme la vérification du bénéficiaire reste à observer (p. 13-14).

- La catégorisation de certains types de fraude, notamment dans la catégorie "autres", nécessite des clarifications supplémentaires (p. 22).

Conclusions et recommandations

Le rapport conclut que la fraude aux paiements dans l'UE/EEE reste globalement stable en taux malgré une augmentation en valeur absolue, avec une concentration sur les virements et les paiements par carte. L'authentification forte du client (SCA) s'avère efficace pour réduire la fraude, notamment sur les transactions électroniques, mais son application est inégale selon les instruments et les zones géographiques, en particulier hors EEE. Les exemptions à la SCA, bien que nécessaires pour la fluidité des paiements, peuvent constituer des vecteurs d'attaque privilégiés par les fraudeurs. La répartition des pertes financières montre une charge importante pour les utilisateurs, en particulier sur les virements, ce qui soulève des questions sur la protection des consommateurs et les mécanismes de recours. La fraude transfrontalière, surtout hors EEE, reste un défi majeur nécessitant une coopération renforcée entre acteurs. Le rapport recommande la poursuite de la surveillance des fraudes, l'analyse approfondie des exemptions à la SCA, et l'amélioration des cadres de responsabilité et de protection des utilisateurs. L'EBA et la BCE continueront à collecter et publier des données pour suivre l'évolution de la fraude et l'efficacité des mesures de lutte.

Points clés à retenir

Références

Année
2025
Type
Rapport
Niveau
Intermédiaire
Licence
Attribution requise
Document d’origine
https://www.eba.europa.eu/sites/default/files/2025-12/1709846a-84d9-4…
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Note de synthèse rédigée à partir du document intégral par l’Académie DataSAI. Cette note vient de la bibliothèque scientifique de l’Académie DataSAI, en accès libre.