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Note de synthèse · Norme

Basel III: International framework for liquidity risk measurement, standards and monitoring

Basel Committee on Banking Supervision · 2010 · Norme · 53 pages · Intermédiaire

Ce document présente la partie sur la liquidité des réformes du Comité de Bâle visant à renforcer les réglementations bancaires. L'objectif est d'améliorer la capacité du secteur bancaire à absorber les chocs économiques et financiers, réduisant ainsi le risque de contagion vers l'économie réelle. Il établit également des normes minimales pour la liquidité, comme le Ratio de Couverture de Liquidité (LCR) et le…

Informations générales

Ce document, publié en décembre 2010 par le Basel Committee on Banking Supervision, présente le cadre international relatif à la mesure, aux normes et au suivi du risque de liquidité dans le secteur bancaire, dans le cadre de l'initiative réglementaire Basel III. Il couvre les normes de liquidité applicables aux banques actives à l'international, avec un focus sur deux ratios clés : le Liquidity Coverage Ratio (LCR) et le Net Stable Funding Ratio (NSFR). Le périmètre inclut les banques internationales, avec des paramètres harmonisés à l'échelle mondiale, tout en laissant une certaine marge de manœuvre aux autorités nationales pour adapter certains paramètres selon les spécificités locales. Le document s'étend sur environ 53 pages, dont les 31 premières pages sont fournies pour cette synthèse. Il est remplacé par des publications ultérieures en 2013 et 2014.

Résumé exécutif

Le document traite du renforcement du cadre réglementaire international sur la gestion du risque de liquidité bancaire, en réponse aux faiblesses révélées par la crise financière de 2007-2008. Il vise à améliorer la résilience des banques face aux chocs financiers et économiques, réduisant ainsi les risques de contagion vers l'économie réelle (p. 7). Deux normes principales sont introduites : le Liquidity Coverage Ratio (LCR) pour assurer une résistance à court terme sur 30 jours en maintenant un stock d'actifs liquides de haute qualité suffisant pour couvrir les sorties nettes de trésorerie dans un scénario de stress sévère (p. 9-10), et le Net Stable Funding Ratio (NSFR) pour promouvoir une structure de financement stable sur un horizon d'un an (p. 7). Ces normes sont harmonisées internationalement mais intègrent des éléments de discrétion nationale, qui doivent être transparents (p. 8, 13). Le LCR impose que la valeur des actifs liquides de haute qualité soit au moins égale à 100% des sorties nettes de trésorerie prévues sur 30 jours, calculées selon un scénario combinant chocs idiosyncratiques et systémiques, incluant notamment la perte partielle de dépôts et de financements, les exigences de collatéral liées aux dégradations de notation, et les tirages sur lignes de crédit engagées (p. 15-18, 50-54). Les actifs liquides admissibles sont classés en deux niveaux (Level 1 sans limite, Level 2 limité à 40% du stock après décote), avec des critères stricts de qualité, liquidité, et central bank eligibility, et des décotes appliquées aux Level 2 (p. 14-17). Le document détaille aussi les modalités de calcul des sorties et entrées de trésorerie, avec des taux de run-off différenciés selon la nature des dépôts, la qualité des contreparties, et la stabilité des relations opérationnelles (p. 18-29). Des outils de surveillance complémentaires sont prévus pour suivre la liquidité par devise, la concentration des financements, et d'autres indicateurs (p. 5). Une période transitoire est mise en place pour permettre aux banques de se conformer progressivement, avec une entrée en vigueur du LCR au 1er janvier 2015 et du NSFR au 1er janvier 2018 (p. 8-9). En conclusion, ces normes visent à renforcer la gestion et la supervision du risque de liquidité, en imposant des exigences minimales globales tout en permettant une adaptation locale, afin de prévenir les crises futures et protéger la stabilité financière.

Contexte et objectifs

La crise financière débutée en 2007 a mis en lumière des lacunes majeures dans la gestion du risque de liquidité par les banques, même celles disposant de niveaux de capital adéquats (p. 7). Cette crise a révélé la rapidité avec laquelle la liquidité peut disparaître et la durée prolongée possible de cette illiquidité, nécessitant des interventions des banques centrales pour soutenir les marchés monétaires et certaines institutions. En réponse, le Comité de Bâle a publié en 2008 les "Principes pour une gestion saine du risque de liquidité" afin d'améliorer la gestion et la supervision de ce risque. Toutefois, ces principes nécessitent une mise en œuvre rigoureuse. Pour renforcer ce cadre, le présent document introduit deux normes minimales internationales : le LCR pour assurer une résistance à court terme à un stress sévère sur 30 jours, et le NSFR pour promouvoir une structure de financement stable sur un horizon d'un an (p. 7-8). L'objectif est de réduire le risque de contagion financière vers l'économie réelle, d'améliorer la résilience du secteur bancaire et d'harmoniser les pratiques réglementaires à l'échelle mondiale tout en tenant compte des spécificités nationales (p. 8, 13). Le document précise également le périmètre d'application, les modalités de transition, ainsi que les outils de suivi complémentaires pour une supervision efficace (p. 8-9).

Synthèse des points essentiels par thèmes

1. Objectifs des normes de liquidité :

- Le LCR vise à garantir que les banques détiennent un stock suffisant d'actifs liquides de haute qualité pour couvrir les sorties nettes de trésorerie sur 30 jours en cas de stress sévère, combinant chocs idiosyncratiques et systémiques (p. 7, 9, 17-18).

- Le NSFR encourage une structure de financement stable sur un horizon d'un an, réduisant la dépendance aux financements à court terme volatils (p. 7, 25).

2. Définition et composition du stock d'actifs liquides de haute qualité (HQLA) :

- Les actifs doivent être facilement et immédiatement convertibles en liquidités sans perte significative de valeur, et idéalement éligibles aux facilités de banque centrale (p. 11, 24).

- Les caractéristiques fondamentales incluent faible risque de crédit et de marché, facilité d'évaluation, faible corrélation avec les actifs risqués, et cotation sur marchés développés (p. 11-12).

- Les actifs sont classés en deux niveaux : Level 1 (cash, réserves centrales, titres souverains de haute qualité) sans limite et sans décote, et Level 2 (titres souverains moins bien notés, obligations d'entreprises et covered bonds de qualité élevée) limités à 40% du stock après décote de 15% minimum (p. 14-17).

- Des traitements spécifiques sont prévus pour les juridictions avec insuffisance d'actifs liquides, incluant des facilités de liquidité centrales contractuelles, l'usage d'actifs en devises étrangères contrôlées, et une extension possible des Level 2 avec décote accrue (p. 16-18).

3. Calcul des sorties nettes de trésorerie :

- Les sorties sont calculées en multipliant les soldes des passifs et engagements hors bilan par des taux de run-off ou de tirage spécifiques selon la nature des fonds et la catégorie de contrepartie (p. 50-51).

- Les dépôts de détail sont divisés en "stables" (minimum 5% de run-off) et "moins stables" (minimum 10%), avec des critères liés à la couverture par assurance-dépôts, la nature des relations clients, et la possibilité de retrait anticipé (p. 18-20).

- Le financement de gros est segmenté selon la nature des contreparties et la stabilité des relations opérationnelles, avec des taux de run-off allant de 5% à 100% (p. 20-23).

- Les financements garantis sont traités selon la qualité des actifs sous-jacents, avec des taux de perte de financement allant de 0% (Level 1) à 100% (autres) (p. 23-24).

- Les besoins additionnels liés aux clauses de dégradation de notation, aux variations de valorisation des collatéraux, et aux refinancements de titres structurés sont intégrés (p. 24-26).

- Les tirages sur lignes de crédit engagées sont pris en compte avec des taux de tirage différenciés selon la nature des clients (p. 26-27).

4. Limitation des entrées de trésorerie :

- Les entrées de trésorerie prises en compte sont uniquement les flux contractuels des expositions performantes, avec un plafond fixé à 75% des sorties nettes pour éviter une dépendance excessive (p. 29).

- Les reverse repos et emprunts de titres sont traités selon la qualité des collatéraux et la nature des positions courtes (p. 29-30).

5. Exigences opérationnelles et de gestion :

- Les actifs liquides doivent être non grevés, disponibles en permanence, et gérés par la fonction de gestion de la liquidité (p. 26-29).

- Les banques doivent tester périodiquement la liquidité de ces actifs sur le marché (p. 12).

- Le ratio doit être respecté en continu et suivi par devise, avec des outils de surveillance spécifiques pour détecter les déséquilibres (p. 32-37).

6. Discrétion nationale et transparence :

- Certains paramètres, notamment les taux de run-off et les traitements spécifiques, peuvent être adaptés par les autorités nationales, sous réserve de transparence et de publication (p. 8, 13, 51, 100).

7. Période transitoire et mise en œuvre :

- Une période d'observation débute en 2011, avec mise en œuvre du LCR au 1er janvier 2015 et du NSFR au 1er janvier 2018, permettant aux banques d'ajuster leurs portefeuilles et pratiques (p. 8-9, 40).

- Un suivi rigoureux est prévu pour évaluer l'impact sur les marchés et l'économie, avec possibilité de révisions (p. 8-9).

Principaux résultats et enseignements

Faits établis :

- La crise financière a démontré que des niveaux adéquats de capital ne suffisent pas à garantir la résilience bancaire sans une gestion rigoureuse de la liquidité (p. 7).

- Le LCR impose que les banques détiennent un stock d'actifs liquides de haute qualité couvrant au moins 100% des sorties nettes de trésorerie sur 30 jours dans un scénario de stress combinant chocs idiosyncratiques et systémiques (p. 9-10, 17-18).

- Les actifs liquides sont classés en Level 1 et Level 2, avec des critères stricts et des limites quantitatives, pour assurer leur disponibilité même en période de stress (p. 14-17).

- Les sorties de trésorerie sont calculées selon des taux de run-off différenciés par type de dépôt, contrepartie et nature du financement, intégrant les tirages sur lignes de crédit engagées et les besoins liés aux clauses de dégradation de notation (p. 18-29).

- Les entrées de trésorerie sont plafonnées à 75% des sorties pour éviter une dépendance excessive (p. 29).

Hypothèses :

- Le scénario de stress combine plusieurs éléments observés lors de la crise de 2007-2008, supposant notamment une dégradation de notation jusqu'à trois crans, une perte partielle des dépôts et financements, et des tirages sur lignes de crédit (p. 17-18).

- Les taux de run-off et de tirage sont harmonisés internationalement, mais certains sont laissés à la discrétion nationale, avec obligation de transparence (p. 51).

- La liquidité intrajournalière n'est pas couverte par le LCR (p. 31).

Interprétations :

- La mise en place du LCR et du NSFR devrait renforcer la capacité des banques à absorber les chocs de liquidité à court et moyen terme, réduisant ainsi les risques systémiques (p. 7-9).

- La classification des actifs liquides et les décotes appliquées visent à éviter les ventes forcées et la dégradation de la confiance sur les marchés (p. 11-13).

- La limitation des entrées de trésorerie à 75% des sorties garantit que les banques maintiennent un coussin de liquidité réel (p. 29).

Incertitudes :

- L'efficacité des normes dépendra de leur mise en œuvre rigoureuse et de la capacité des banques à gérer activement leur liquidité (p. 7).

- Certains paramètres laissés à la discrétion nationale pourraient entraîner des divergences dans l'application et la comparabilité internationale (p. 8, 13).

- Le traitement des devises étrangères et les options alternatives pour les juridictions avec insuffisance d'actifs liquides restent à finaliser après la période d'observation (p. 16-18).

- Le traitement du risque de liquidité intrajournalier n'est pas encore défini (p. 31).

Conclusions et recommandations de l'auteur

Le Comité de Bâle conclut que la mise en place des normes LCR et NSFR est essentielle pour renforcer la résilience du secteur bancaire face aux risques de liquidité, en imposant des exigences minimales harmonisées à l'échelle internationale tout en permettant une adaptation aux spécificités nationales (p. 7-9, 13). Il recommande que les banques respectent ces standards en continu, complétés par des stress tests internes plus sévères et des pratiques de gestion rigoureuses (p. 19). Les autorités de supervision doivent assurer une mise en œuvre rigoureuse, transparente et cohérente, avec un suivi attentif des impacts sur les marchés et l'économie, et être prêtes à ajuster les normes en fonction des observations durant la période transitoire (p. 8-9, 100). Le Comité souligne l'importance d'une gestion prudente des actifs liquides, de la diversification des sources de financement, et du contrôle des risques liés aux devises étrangères (p. 12, 32-37). Enfin, il prévoit une période d'observation débutant en 2011, avec entrée en vigueur du LCR au 1er janvier 2015 et du NSFR au 1er janvier 2018, afin de permettre aux banques de s'adapter progressivement (p. 8-9, 40).

Points clés à retenir

Références

Année
2010
Type
Norme
Niveau
Intermédiaire
Licence
Attribution requise
Document d’origine
https://www.bis.org/publ/bcbs188.htm
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