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Note de synthèse · Norme

Bâle II - International Convergence of Capital Measurement and Capital Standards: Comprehensive Version (juin 2006)

Basel Committee on Banking Supervision · 2006 · Norme · 347 pages · Intermédiaire

Ce rapport présente les résultats des travaux du Comité de Bâle sur la supervision bancaire pour assurer une convergence internationale des réglementations sur l'adéquation des fonds propres des banques actives à l'international. Il expose le cadre convenu pour mesurer l'adéquation des fonds propres et les normes minimales que les autorités de supervision nationales devront adopter. Le Comité encourage les…

Informations générales

Le document intitulé "Bâle II - International Convergence of Capital Measurement and Capital Standards: Comprehensive Version" est un standard publié en juin 2006 par le Basel Committee on Banking Supervision. Il compile le cadre de Bâle II de juin 2004, les éléments non révisés de l'Accord de 1988, l'amendement de 1996 pour les risques de marché, ainsi que le document de 2005 sur l'application de Bâle II aux activités de trading et le traitement des effets de double défaut. Le périmètre couvre la réglementation internationale sur l'adéquation des fonds propres des banques actives à l'international, incluant les exigences minimales de capital, la revue prudentielle et la discipline de marché, pour la période d'implémentation prévue à partir de fin 2006 (p. 1, 15).

Résumé exécutif

Le document présente le cadre révisé Bâle II, visant à renforcer la solidité et la stabilité du système bancaire international tout en assurant une concurrence équitable entre banques actives à l'international (p. 15-16). Ce cadre repose sur trois piliers : (1) exigences minimales de capital adaptées aux risques de crédit, de marché et opérationnels ; (2) processus de revue prudentielle par les autorités de supervision ; (3) discipline de marché via des exigences de transparence et de divulgation.

Les principales innovations incluent une sensibilité accrue aux risques, notamment par l'utilisation des systèmes internes d'évaluation des risques des banques (approche Internal Ratings-Based - IRB), sous réserve de conditions strictes de validation et de contrôle (p. 16, 18). Le cadre conserve le seuil minimal de capital à 8% des actifs pondérés par les risques, avec une définition du capital en trois tiers (Tier 1, Tier 2, Tier 3) et des limitations précises sur leur composition (p. 26, 28-32).

Le cadre prévoit des approches alternatives pour le calcul des exigences de capital, notamment une approche standardisée basée sur des notations externes, et une approche IRB plus avancée, ainsi que des règles spécifiques pour les risques de marché, opérationnels et la titrisation (p. 19, 26, 33).

Des dispositions transitoires sont prévues, notamment des planchers de capital basés sur l'ancien accord de 1988 pour accompagner la mise en œuvre progressive des approches avancées (p. 27). Le cadre insiste sur la nécessité d'une coopération renforcée entre autorités nationales, notamment entre superviseurs du pays d'origine et du pays hôte (p. 17).

Enfin, le document souligne l'importance des deuxième et troisième piliers pour assurer la robustesse du dispositif, notamment par une revue rigoureuse des pratiques internes des banques et une transparence accrue vis-à-vis des marchés (p. 16, 18, 31). L'objectif est d'encourager une meilleure gestion des risques et une convergence internationale des pratiques prudentielles, tout en laissant une certaine flexibilité nationale pour adapter le cadre aux spécificités locales (p. 16-17).

Contexte et objectifs

Le cadre Bâle II a été élaboré pour réviser et améliorer l'Accord de 1988 sur l'adéquation des fonds propres bancaires, afin de mieux refléter les risques actuels et les pratiques de gestion des risques des banques internationales (p. 15).

Face à l'évolution des marchés financiers et des méthodes de gestion des risques, le Comité de Bâle a mené plusieurs consultations et études d'impact entre 1999 et 2003, impliquant les autorités de supervision et les banques, pour aboutir à un cadre plus sensible aux risques et plus flexible (p. 15).

Les enjeux principaux sont de renforcer la stabilité financière mondiale, d'éviter les distorsions concurrentielles entre banques internationales, et d'encourager l'amélioration des pratiques de gestion des risques. Le cadre vise aussi à intégrer les risques de crédit, de marché et opérationnels dans une approche cohérente, tout en maintenant un seuil minimal de capital (p. 16).

Le périmètre d'application couvre les banques actives à l'international et leurs groupes consolidés, avec des règles spécifiques pour les filiales, les participations significatives, les entités d'assurance et les investissements dans des entités commerciales (p. 21-24).

Le cadre est conçu pour être évolutif, avec une mise en œuvre progressive à partir de fin 2006, et prévoit des mécanismes de suivi et d'adaptation en fonction des retours d'expérience (p. 15, 26-28).

Synthèse des points essentiels par thèmes

1. Champ d'application et consolidation (p. 21-25) :

- Le cadre s'applique sur une base consolidée aux groupes bancaires internationaux, incluant toutes les entités bancaires et financières majoritairement détenues.

- Les participations minoritaires significatives sont déduites ou consolidées au prorata selon les pratiques nationales.

- Les investissements dans des entités d'assurance sont généralement déduits, sauf exceptions nationales, avec reconnaissance possible du capital excédentaire sous conditions strictes.

- Les investissements significatifs dans des entités commerciales sont déduits au-delà de seuils de matérialité (ex. 15% du capital pour un investissement individuel).

2. Composition du capital réglementaire (p. 28-32) :

- Le capital est structuré en Tier 1 (capital de base, au moins 50% du total), Tier 2 (capital complémentaire limité à 100% du Tier 1) et Tier 3 (court terme, limité à 250% du capital Tier 1 requis pour les risques de marché).

- Tier 1 comprend les actions ordinaires et réserves publiées.

- Tier 2 inclut les réserves non divulguées, réserves de réévaluation prudentes, provisions générales limitées, instruments hybrides et dettes subordonnées à long terme amortissables.

- Tier 3 est réservé au capital court terme pour couvrir les risques de marché.

- Certaines déductions sont obligatoires, notamment le goodwill, les investissements non consolidés, et les participations croisées artificielles.

3. Exigences minimales de capital (p. 26-28) :

- Le ratio de capital total minimum est fixé à 8% des actifs pondérés par les risques.

- Les actifs pondérés comprennent les risques de crédit, de marché et opérationnels.

- Deux méthodes sont proposées pour le risque de crédit : approche standardisée (basée sur notations externes) et approche IRB (basée sur les notations internes des banques).

- Un facteur d'ajustement (scaling factor) de 1.06 est appliqué aux actifs pondérés sous l'approche IRB pour maintenir le niveau global de capital.

- Des planchers de capital (capital floors) basés sur l'ancien accord de 1988 sont appliqués pendant la période de transition pour les banques adoptant les approches avancées.

4. Approche standardisée pour le risque de crédit (p. 33-35) :

- Les expositions sont pondérées selon des catégories de risque basées sur les notations externes (ex. AAA à AA- : 0%, BBB+ à BBB- : 50%, etc.).

- Les expositions aux souverains, banques, entités publiques, banques multilatérales de développement sont traitées selon des règles spécifiques.

- Les autorités nationales disposent d'une certaine discrétion pour adapter les pondérations, notamment pour les expositions en monnaie locale.

5. Approche Internal Ratings-Based (IRB) (p. 15, 18) :

- Permet aux banques d'utiliser leurs propres systèmes internes d'évaluation du risque sous réserve d'approbation et de conditions strictes.

- Encourage une meilleure gestion des risques et une sensibilité accrue des exigences de capital.

- Nécessite des contrôles internes rigoureux, une validation des modèles, et une surveillance par les superviseurs.

6. Risques de marché et opérationnels (p. 26, 144-157) :

- Le cadre intègre des exigences de capital pour les risques de marché, avec des méthodes standardisées et des approches basées sur des modèles internes.

- Pour le risque opérationnel, trois méthodes sont proposées : approche indicateur de base, approche standardisée, et approches de mesure avancées (AMA).

- Des critères de qualification et de validation sont définis pour chaque méthode.

7. Processus de revue prudentielle (Second Pilier) (p. 204-219) :

- Les autorités de supervision doivent évaluer la suffisance des fonds propres au-delà des exigences minimales.

- Le processus inclut l'évaluation des risques, la surveillance des pratiques de gestion, et la prise de mesures correctives.

- Une coopération renforcée entre superviseurs nationaux est encouragée.

8. Discipline de marché (Troisième Pilier) (p. 226-242) :

- Des exigences de divulgation d'informations qualitatives et quantitatives sont prévues pour accroître la transparence.

- Ces informations permettent aux marchés d'exercer une discipline sur les banques, complétant ainsi les deux premiers piliers.

9. Dispositions transitoires et mise en œuvre (p. 26-28) :

- Des périodes de transition sont prévues pour l'adoption des approches avancées, avec des planchers de capital progressifs.

- Les superviseurs ont une marge de manœuvre pour adapter les règles selon les conditions nationales.

- Le Comité surveillera l'application et pourra ajuster le cadre en fonction des retours d'expérience.

Principaux résultats et enseignements

Faits établis :

- Le cadre Bâle II fixe un ratio minimal de capital à 8% des actifs pondérés par les risques, avec une définition précise des composantes du capital (Tier 1, Tier 2, Tier 3) et des règles de consolidation pour les groupes bancaires (p. 26, 28, 21).

- Deux approches principales sont proposées pour le calcul du risque de crédit : standardisée (basée sur notations externes) et IRB (basée sur notations internes), avec des exigences de validation et de contrôle strictes pour l'IRB (p. 33, 15, 18).

- Des exigences spécifiques sont définies pour les risques de marché et opérationnels, avec plusieurs méthodes de calcul possibles (p. 26, 144).

- Des planchers de capital basés sur l'ancien accord sont appliqués durant la transition pour garantir un niveau minimal de capital (p. 27).

Hypothèses :

- Le facteur d'ajustement de 1.06 appliqué aux actifs pondérés sous l'approche IRB est une estimation basée sur les études d'impact quantitatives (p. 26).

- Le cadre suppose que les banques et superviseurs mettront en œuvre les contrôles et validations nécessaires pour garantir la fiabilité des évaluations internes des risques (p. 16, 18).

Interprétations :

- L'utilisation accrue des systèmes internes d'évaluation des risques devrait améliorer la sensibilité des exigences de capital aux risques réels encourus par les banques (p. 16).

- La flexibilité laissée aux autorités nationales pour adapter certaines règles vise à concilier harmonisation internationale et spécificités locales, mais nécessite une vigilance accrue pour éviter des distorsions (p. 16-17).

Incertitudes :

- L'efficacité du cadre dépendra de la qualité des systèmes internes des banques et de la rigueur des superviseurs dans leur validation et surveillance (p. 16, 18).

- L'impact à long terme des approches avancées sur la stabilité financière et la concurrence entre banques reste à observer, notamment en raison des différences nationales d'application (p. 17).

- L'évolution des marchés financiers et des pratiques de gestion des risques pourra nécessiter des révisions futures du cadre (p. 15).

Conclusions et recommandations de l'auteur

Le Comité de Bâle conclut que le cadre révisé Bâle II constitue une avancée majeure pour renforcer la stabilité du système bancaire international en introduisant une sensibilité accrue aux risques et une meilleure prise en compte des pratiques internes des banques (p. 15-16).

Il recommande aux autorités nationales de procéder à l'adoption et à la mise en œuvre du cadre selon un calendrier adapté à leurs priorités nationales, en tenant compte des spécificités locales et en assurant une coopération étroite entre superviseurs nationaux et internationaux (p. 15, 17).

Le Comité insiste sur l'importance d'une mise en œuvre rigoureuse des deuxième et troisième piliers, notamment la revue prudentielle et la discipline de marché, pour compléter efficacement les exigences minimales de capital (p. 16, 18, 31).

Il prévoit un suivi continu de l'application du cadre, avec des ajustements possibles en fonction des retours d'expérience et de l'évolution des marchés (p. 15, 26-28).

Enfin, le Comité souligne la nécessité d'un dialogue continu avec l'industrie bancaire pour améliorer la compréhension et la comparabilité des modèles internes d'évaluation des risques, et pour préparer des évolutions futures du cadre (p. 18-19).

Points clés à retenir

Références

Année
2006
Type
Norme
Niveau
Intermédiaire
Licence
Attribution requise
Document d’origine
https://www.bis.org/publ/bcbs128.htm
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Note de synthèse rédigée à partir du document intégral par l’Académie DataSAI. Cette note vient de la bibliothèque scientifique de l’Académie DataSAI, en accès libre.